et ma posture de kinésiologue à La Cabane
Le mythe de Thésée raconte une chose simple : certaines vérités ne se regardent pas en plein jour, d’un seul coup.
Elles vivent dans un Labyrinthe : un espace intérieur fait de détours, de fausses pistes, d’avancées timides.
Dans ce récit, il y a quatre forces.
Le Minotaure : ce qui fait peur en nous, pas parce que c’est “mal”, mais parce que c’est resté longtemps sans mots.
Le Labyrinthe : les stratégies, les croyances, les protections, parfois héritées, parfois apprises.
Ariane : le fil, la continuité, ce qui permet de revenir.
Et Thésée : la part de vous qui accepte de marcher malgré l’incertitude.
À La Cabane, ma posture ressemble à Ariane plus qu’à Thésée.
Je ne fais pas le chemin à votre place.
Je tiens le fil : le cadre, la sécurité, le rythme, le retour au présent.
En psychothérapie, on parlerait de “holding” et de “containment” : une fonction de soutien et de contenance qui rend l’exploration possible sans débordement.
Concrètement, cela veut dire :
on avance lentement, par étapes, en respectant le corps et ses signaux ;
on s’autorise à ne pas comprendre tout de suite ;
on dose l’approche de ce qui fait peur ;
et on repart de séance en séance avec un fil plus solide.
Le mythe dit enfin une chose que je trouve saine : ne présumez pas trop de vous.
Même avec une éthique, même avec de bonnes intentions, l’humain peut se contredire.
Alors on apprend une sagesse plus réaliste : reconnaître sa capacité à déborder, et construire des chemins pour revenir à soi.
C’est cela, pour moi, “sortir vivant du Labyrinthe” : non pas devenir parfait, mais devenir plus libre.
Références : Ashmolean Museum (Labyrinthe, fil d’Ariane) ; Britannica (Ariane/Thésée) ; Abram sur Winnicott/Bion (holding vs containment) ; thèse Essex (holding/containment en pratique clinique)
