Guérir les blessures

Ce que guérir veut vraiment dire …
Dans ma pratique, j’accompagne souvent des personnes qui cherchent à « aller mieux ». Mais qu’est-ce que cela signifie, concrètement, aller mieux ?


Ce n’est pas l’absence de douleur. Ce n’est pas non plus avoir tout résolu, tout compris, tout dépassé.


C’est quelque chose de bien plus subtil — et de bien plus vivant.
Lise Bourbeau, dans son travail sur les cinq blessures fondamentales de l’âme, en donne une lecture que je trouve juste et utile au quotidien dans mon cabinet. Elle décrit des blessures de rejet, d’abandon, d’humiliation, de trahison et d’injustice — non pas comme des étiquettes, mais comme des empreintes relationnelles précoces qui façonnent notre manière d’être au monde, d’agir, de réagir.

Ce qui me touche dans cette approche, c’est la description de ce que guérir ressemble.

La blessure de rejet est en voie de guérison quand on prend sa place — pas parce qu’on a besoin d’être vu, mais parce qu’on n’a plus peur de ne pas l’être. Quelqu’un vous oublie ? Vous restez bien dans votre peau quand même.
La blessure d’abandon se transforme quand la solitude devient habitable. Quand les projets personnels tiennent même sans soutien extérieur. Quand la vie devient moins dramatique.
La blessure d’humiliation guérit lorsqu’on commence à vérifier ses propres besoins avant de dire oui. Quand on se sent libre, plutôt qu’alourdi. Quand faire une demande ne semble plus dérangeant.
La blessure de trahison se dissout dans la capacité à lâcher prise — et ici je veux être précise : lâcher prise ne signifie pas se résigner. C’est arrêter d’être attaché aux résultats, arrêter d’exiger que les choses se passent selon notre plan. Lorsqu’on est fier de soi sans avoir besoin que les autres le valident, c’est là que quelque chose de profond s’est déposé.
La blessure d’injustice, elle, guérit dans la permission de se tromper. D’être moins parfait. De pleurer devant quelqu’un sans perdre le contrôle ni craindre le jugement.

Lise Bourbeau


Ce que j’observe en séance, c’est que le corps garde la trace de ces blessures longtemps avant que le mental les reconnaisse. La tension dans les épaules, la retenue dans la respiration, la rigidité dans la posture — autant de manières dont le système nerveux a appris à se protéger. Ce que Bessel van der Kolk appelle « the body keeps the score » : le corps est le gardien silencieux de tout ce que nous avons traversé.


La kinésiologie, dans ce contexte, n’est pas un outil de performance. C’est un espace d’écoute — de ces petites transformations souvent invisibles, de ces moments où quelque chose se dépose, se relâche, reprend de la place.
Guérir, ce n’est pas effacer. C’est retrouver de la fluidité là où il y avait de la rigidité. C’est redevenir capable de se mouvoir librement — à l’intérieur de soi, et dans la relation aux autres.

Laure Isabelle
Kinésiologue 🌿
La Cabane — Mars 2026​​​​​​​​​​​​​​​​

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